Montreux Jazz Festival 8 – Buddy Guy et James Carter
Axelle Red qui chante « Sensualité », toute « rose crème » avec sa guitare… à croquer, c’était trop mignon. Parlons maintenant jazz, parlons blues, parlons des moments où la musique dérive. Did you hear what I say?, Buddy Guy.
Miles Davis Hall, le saxophoniste new-yorkais James Carter, en formation trio, est hors du commun. Coups de langues, gémissements, cris, soupirs. Carter entretient une tension sensuelle d’actes en actes qui évolue calmement sur le swing du groupe. Les solos endiablés de Carter ne sont là que pour faire grandir cette tension et la rendre parfois à la limite de l’insupportable. Grand moment de jazz.
Buddy Guy a le sourire éternel du blues. « I play for the love of music ». And he plays with love! Quand il joue le blues, Buddy Guy ne joue pas de la guitare, Buddy Guy désire. Son instrument s’enflamme, les aigus crient, les entrailles hurlent. Les nuances sont puissantes. La trance sexuelle est brute de musique.
Dernier concert marquant, Neneh Cherry jouait en formation quatuor voix/sax/basse/batterie. On passe à du jazz beaucoup plus expérimental que celui de James Carter ou le blues de Buddy Guy. Le groupe part dans des improvisations où le bruit, les cris et les sons distordus prennent la place de la mélodie. Neneh reprend des paroles de MF Doom sur une de ces compositions, on vous a mis le bootleg en bonus à la fin du podcast.
Peu d’enregistrements des aftershows malheureusement, mais pour info le groupe de Neneh Cherry est monté sur scène et ça jouait très très bien. Imaginez un club hypnotisé par des musiciens qui jamment sans concession à 4h du matin. C’était ça. Le lendemain, les musiciens de Trombone Shorty ont partagé la scène avec Billy Branch et Carlos Johnson, deux légendes du Chicago Blues. New Orleans vs Chicago Blues. Unique!
Jean-Marie Planche, photographer (James Carter)




