Sly and The Family Stone, Woodstock, Graham Central Station, Betty Davis, Prince, slap, I Want To Take You Higher, Rainbow Children sont quelques noms qu’il arrive parfois à Larry Graham d’évoquer, avec un certain sens du vécu.
Merci à Larry Graham et au management de nous avoir accordé l’interview. Celle-ci clôt la série du Montreux Jazz, on espère que vous avez apprécié ! That’s how we damn do it !
Brigitte, hymne à la femme exactement le genre de titre prétentieux et racoleur que les deux chanteuses n’aimeraient pas se voir accoler. Tout comme « le féminin est pluriel », Brigitte n’aime pas les étiquettes.
Comme si on en avait pas assez, et comme s’il était possible que ça se termine d’une autre manière, la dernière soirée s’annonce mémorable. Dans l’ordre, Cody Chesnutt, Larry Graham et Bootsy Collins sont prêts à mettre à mal le Miles Davis Hall. Après tout c’est ce qu’on voulait…
Déjà, ça se passe comme ça en général à Montreux, ce ne sont pas trois parties qui se succèdent mais 3 têtes d’affiches en une même soirée, qui sait ce qui peut se passer. Cody Chesnutt a été fairplay et a respecté le temps imparti aux premiers, un bon show bien funk-soul d’1h30 pour se mettre en jambe. Le set a été construit sur le nouvel album Landing on a Hundred, pas encore sorti à cette date. On a donc pu découvrir tout ça avec plaisir.
A partir de Larry Graham, on comprend que le Miles Davis Hall va se transformer en une zone de non-droit. Une salle où les organisateurs n’auront plus aucun pouvoir face à la vague de funk qui se prépare en backstage.
Larry Graham et le Central Station entrent en fanfare. Ils arrivent dans notre dos, tambours de fanfare et perçussions à la main, et montent sur scène sans s’arrêter de jouer. Le public est là pour lui, l’ambiance dans la salle s’en fait ressentir instantanément, ça jump par-ci par-là dès le premier morceau, c’est très bon signe ! Gros break, le slap claquant qui jaillit alors de la basse rutilante de Larry provoque des cris de jouissance du public. … AAAHHHH ! En plus le premier morceau ressemble beaucoup à du Prince.
L’énorme show qui va suivre comprendra un bain de foule, un solo avec les dents, des kilomètres de scène parcourue en long en large et en travers, et minimum 4-5 malaises… Pas à un moment on se dit que le gars en face a 75 ans ballets et qu’ »il est un peu fatigué par l’âge mais qu’il joue bien quand même ». Le gars en face est une machine, il jump autant, voir plus que nous, perd des litres de sueur et en redemande !
Sur la fin du show, il joue I Want To Take You Higher, une de nos préférées, et invite le public à monter sur scène ! On est fou, on jump comme des oufs, on « chante » comme si le fond du Miles Davis devait nous entendre… bref… Larry sort de scène avec le public scandant « higher » en rythme, comme à Woodstock, comme sur tous les lives qu’on a matté des dizaines de fois et qui nous foutent les poils. Il reste un tambourin par terre, autant le prendre et reprendre le refrain au micro hein, tant qu’on est sur scène autant en profiter. La suite au début de la vidéo 16 (la caméra est tombée par terre mais il reste le son). On descend de scène avec le peu de force qu’il nous reste.
Bootsy est le suivant sur la liste. Aucun de nous ne l’avait encore vu en concert, à part son live mythique Keepin Dah Funk Alive, on ne savait pas grand chose de lui sur scène. Normalement ça tue aussi, par rapport à Funkadelic et tout ce qui a suivi. Larry Graham remontera-t-il sur scène ? La suite non pas au jour 17 mais dans un quart d’heure à peine.
Les amplis basses s’entassent sur scène, il y en aurait 16 en tout pour faire sonner tout ça. Le concert commence, c’est l’hystérie dans la salle ! Le groove est plus lent et plus lourd que Larry Graham, le show est calibré, un MC chauffe, chauffe, chauffe la foule, Bootsy entre sur « The Name is Bootsy baby », c’est fat. Le live ressemble beaucoup à Keepin Dah Funk Alive, du coup tout le monde connaît, chante et jump. Le bain de foule de Bootsy est ultra-puissant, Bootsy va dans tous les coins et tout le monde jump !
OMG ! Larry Graham monte sur scène avec ses zichos et se met à diriger le boeuf au mic, ça jump dans tous les sens, il est 2h du mat’, tout le monde est surchaud, et dans ces cas là, plus c’est long, plus c’est bon. Le boeuf recommence sur le refrain « It’s official / Family approuved / One nation / Under a groove ! ». On va y rester c’est obligé.
A ce moment là, on est au premier rang et Louis tape la tchatch avec les choristes sur scène par des gestes qui n’ont pas vraiment de sens mais bon, c’est fun. Et là il va se passer le truc le plus fat des 2 dernières semaines. Bootsy croise notre regard et on lui fait signe pour monter sur scène. Le gars nous fait ok. On passe devant les staffs barrière, l’un essaye de nous retenir mais là on s’en fou, on monte sur scène tous les deux ! Incroyable, on monte, on hallucine, Bootsy nous check et nous prend sous ses épaules, on commence alors à chanter avec lui au micro. On savait plus trop quoi faire après quelques refrains, et lui non plus je pense, alors on lui demande si le reste du public peut monter. Louis passe devant et fait signe à la foule de monter sur scène… Là on devient complètement tarés, 500 personnes se ruent sur la scène et tentent de monter! La soirée déborde complètement. Tout le monde jump, on a peur que ça croule sous non pied tellement il y a de monde. Bootsy prendra environ 20 minutes pour sortir de scène dans un bain de foule dopé au p-funk. La musique s’arrête, mais le batteur en veut encore ! Il crie le refrain et tout le monde rechante ! Il reprend ses baguettes et conclu méchamment sur un dernier… beat.
Concert de Cody Chesnutt (presque en entier)
Début du concert de Larry Graham : We’ve been waiting/It ain’t no fun/It’s alright
Début du concert de Bootsy Collins : The name is bootsy baby…
Il est 3h du mat’, on n’entend plus rien, on comprend plus rien, on peut à peine marcher. Montreux s’achève ainsi.
A mesure que la semaine passe, les journées semblent devenir de plus en plus fats ! On rencontre aujourd’hui la « nouvelle sensation-revelation » de la chanson française, Brigitte et une deuxième légende de la basse… LARRY… GRAHAM !
Ca fait plaisir de rencontrer Brigitte, non seulement parce qu’elles font l’actualité, sont en promo pour leur album mais surtout parce qu’on les suit depuis qu’elles étaient passées à Nancy à l’Autre Canal (il y a 2 ans et demi) et qu’on aime leurs sons. On décide de leurs poser quelques questions sur le côté hip hop de leur musique, c’est la soirée Tommy Boy ce soir ! On se fait presque engueuler parce qu’on va les taquiner sur le côté de la séduction dans leurs shows. On reformule, en faisant gaffe aux étiquettes que des médias peuvent actuellement leur coller : « Grâce à Brigitte,la chanson coquine reprend des couleurs ces jours-ci », Le Figaro… finalement, on se marre. On veut juste parler musique ! Merci à elles pour leur temps.
Larry Graham est un peu en retard, mais l’interview n’est pas annulée. On patiente… L’histoire de la musique, du funk, les plus grandes chansons de Sly & The Family Stone, celui qui a entendu Woodstock crier clamer I Want To Take You Higher, Graham Central Station, des collaborations avec Prince, des décennies de slap et de groove, se trouvent derrière cette simple porte. On entre enfin dans la petite pièce, arrangée à la va-vite pour l’occasion. Lui et sa femme nous accueillent chaleureusement. Les questions s’enchaînent facilement. Un album est en cours d’enregistrement… Petit bémol, sa femme nous offre un tract de l’Eglise évangélique : « Un monde paisible dans un paysage nouveau », ou un truc comme ça.
C’est déjà l’heure du workshop, Larry Graham entre dans la pièce en jouant un air du Graham Central Station sur sa basse blanche rutilante (elle est vraiment classe sa basse), les amplis Warwick font le reste du sale boulot. Inattendue, une chanteuse iranienne du public commence à chanter une chanson perse au micro. Larry la regarde, éberlué, puis l’accompagne sur une instrumentalisation orientale avant de repartir sur un air plus funk. Ils savent faire le show les cainris ! Dès qu’on lui demande un morceau, il part au quart de tour accompagné de son batteur qui s’amuse bien. Il nous quitte comme il est arrivé, en jouant de la basse, acclamé. Mais la messe n’est pas encore dite (voir la journée 16).
On bouge direct à l’auditorium Stravinsky pour être au premier rang : The History of Hip-Hop – Tommy Boy 30th Anniversary Concert nous attend depuis quinze jours. Les B-Boys et les Fly-Girls sont déjà sur scène et une dj mixe des sons hip-hop old school et disco. Il serait un peu long de décrire la soirée étape par étape tant on en a pris plein la gueule pendant 6h. Une block party du Bronx au bord du Lac Léman, tout le label est descendu pour fêter. Afrika Bambaataa, Coolio, Prince Paul, Digital Underground, House Of Pain, Naughty By Nature ont chauffé à bloc la salle. Au début, Afrika Bambaataa joue les pharaons du hip-hop mais c’est Coolio qui met le contact. Changement de set. Ca recommence, les fly girls chauffent, Prince Paul sors des beats hip hop doux, Digital Underground jette tout son déguisement dans le public, écharpes, bagouzes, cigare à paillettes… 2ème changement de set ! Tom Silvermann, fondateur du label Tommy Boy monte sur scène en personne pour calmer la foule impatiente. 20 minutes après, House of Pain. Everlast ne quittera pas son verre et son micro du concert et l’autre rappeur, Danny Boy, crache des lyrics bien vénères et garde son manteau North Face jusqu’à Jump Around. Il est temps de passer à Naughty By Nature. Scie sauteuse, marcel déchiré, mais surtout gros flow, Treach conclut la soirée avec classe. Big up à Tom Silvermann ! Claude Nobs monte sur scène. Il fait le pitre comme d’habitude, mais pousse un cri plus long que jamais dès qu’il attrape le micro. La foule le suit. Il joue de l’harmonica sur un beat et un beatbox, jump, perd son froque, mange son micro le temps de le remettre puis parle avec les gens du public. La soirée va continuer. On est parti pour se gaver de son à l’aftershow…