Mother Funker #23 a été « crowdsourced » à partir de 2 sources:
la première partie du show joue les titres des Beastie Boys puisés des propositions faites sur la page FB Black Milk Music.
La 2ème source est un enregistrement dans le public/la crowd lors du dernier concert du Robert Glasper Experiment à Londres. La date a été improvisée au dernier moment, le groupe s’est payé le luxe d’aller jouer au Village Underground sur un coup de tête, de commencer le set à 23h et de jammer salement pendant 2h30. La crowd chante sur le titre Ah Yeah.
Le R.I.P de cette semaine va à la légendaire Donna Summer, pionnière et fondatrice du genre disco. On joue la face A du vinyl, Love to Love You Baby, 16 minutes pour voyager où vous voudrez.
J’espère que l’émission vous plaira, merci particulier à tous ceux qui y ont contribué.
Tous les projets de Casey Benjamin déchirent.
Il est derrière le groupe HEAVy. Il joue avec Q-Tip, Mos Def, Patrick Stump, Stefon Harris et dans le Robert Glasper Experiment. Entre toutes ces légendes, il applique son style musical original que ce soit au saxophone ou au vocoder.
Le personnage: sur scène, voix robotique, futuristique et super funky et un sourire 360 degrés pendant tout le show.
Après le traumatisme du premier concert à Montreux et la découverte des premiers albums de Robert Glasper, Mother Funker se devait de consacrer une émission à Black Radio, le nouvel album du Robert Glasper Experiment.
Les interviews ont été enregistrées à différents moments. J’ai rencontré Robert Glasper autour d’un café à son hôtel avant son concert à Londres. Le concert a eu lieu, absolument incroyable. J’ai ensuite interviewé Casey Benjamin, le saxophoniste, 5 minutes dans la rue entre les sirènes et les passants.
L’interview de Chris Dave s’est faite en 5 minutes également dans les backstage de la Brixton Academy au concert de D’Angelo.
Quand on a dit à Bilal (ironiquement) qu’écouter du jazz est ennuyant, le chanteur nous a fait une sale grimace pour outrage à la musique. Ce qu’il nous ensuite répondu, c’est que le jazz, s’il n’est pas tout dans la musique, n’est pas pour autant une langue morte.
L’ère du jazz « choupidoowap », comme on l’entend, est bien révolue. La « manière d’approcher une mélodie » (je cite Bilal) et d’improviser dessus donne le jazz.
Il n’est plus un genre à part mais vit encore dans les nouvelles productions. « Il y a sûrement plus de jazz dans les prod électros actuelles que vous ne le pensez. Flying Lotus est le petit neveu de John Coltrane ! »
Le lien entre Bilal et le sujet du post est très direct : Bilal et Robert Glasper, pianiste de jazz, ont collaboré sur de nombreux projets et notamment le dernier album de R. Glasper, Double Booked. L’album se décompose en 2 parties comme son nom l’indique : une partie trio jazz avec Chris Dave à la batterie et Vicente Archer à la contrebasse et une deuxième partie où le line-up se compose du groupe appelé The Robert Glasper Experiment : Robert Glasper (piano, rhodes), Casey Benjamin (saxophone, vocodeur, synthétiseurs/effets), Derrick Hodge (basse) et Chris Dave (batterie).
Soundcheck, « On the drums Chris Dave… », le titre « No Worries » ouvre l’album. Le morceau prend forme autour d’une improvisation dont la vibration musicale est trop belle pour être vraie.
« Think Of One », dernier titre de la partie trio, est une reprise phénoménale du « Think Of One » de Thelonious Monk. On crie au génie en écoutant Robert Glasper mélanger Monk avec De La Soul « Stakes Is High », ou plutôt Ahmad Jamal « Swahililand », dans la finesse du swing et le laisser-aller du groove.
Think Of One
La partie « The Experiment » est soutenue par un beat plus hiphop mais conserve le jazz de la première partie. La musique prend définitivement une tournure expérimentale : Casey Benjamin produit des effets « futuristes » et complexes au vocodeur et donne des improvisations free au saxophone. « All Matter », composé par Bilal (titre présent sur son dernier album Airtight’s Revenge) est interprété dans une version jazz. On comprend mieux pourquoi il nous nous faisait noter l’importance de l’improvisation vocale dans sa musique.
All Matter
« Open Mind » clôt l’album. La recommandation finale de Glasper. Les styles et les sonorités hétérogènes s’accouplent harmonieusement dans un feu d’artifice célébrant la musique, la bonne, la vraie.
Open Mind
En mêlant jazz et hiphop sur un même album, Robert Glasper invite à se plonger un peu plus dans un style et une manière de jouer trop souvent méconnu ou estampillé musique d’ascenseur.