Mother Funker #23 a été « crowdsourced » à partir de 2 sources:
la première partie du show joue les titres des Beastie Boys puisés des propositions faites sur la page FB Black Milk Music.
La 2ème source est un enregistrement dans le public/la crowd lors du dernier concert du Robert Glasper Experiment à Londres. La date a été improvisée au dernier moment, le groupe s’est payé le luxe d’aller jouer au Village Underground sur un coup de tête, de commencer le set à 23h et de jammer salement pendant 2h30. La crowd chante sur le titre Ah Yeah.
Le R.I.P de cette semaine va à la légendaire Donna Summer, pionnière et fondatrice du genre disco. On joue la face A du vinyl, Love to Love You Baby, 16 minutes pour voyager où vous voudrez.
J’espère que l’émission vous plaira, merci particulier à tous ceux qui y ont contribué.
Après le traumatisme du premier concert à Montreux et la découverte des premiers albums de Robert Glasper, Mother Funker se devait de consacrer une émission à Black Radio, le nouvel album du Robert Glasper Experiment.
Les interviews ont été enregistrées à différents moments. J’ai rencontré Robert Glasper autour d’un café à son hôtel avant son concert à Londres. Le concert a eu lieu, absolument incroyable. J’ai ensuite interviewé Casey Benjamin, le saxophoniste, 5 minutes dans la rue entre les sirènes et les passants.
L’interview de Chris Dave s’est faite en 5 minutes également dans les backstage de la Brixton Academy au concert de D’Angelo.
Best of, incontournable pour une année riche en découvertes et en événements. 2011 qui a envoyé du gros funk à Montreux, 2011 qui est l’année de la découverte du hip hop et du jazz me concernant.
Vous remarquerez l’énorme drop qu’Afrika Bambaataa nous avait claqué le 14ème jour à Montreux (la vidéo de l’interview ressort bientôt). En fond, le titre « Swahililand » de Ahmad Jamal, épopée jazz psychédélique qui a été samplée sur « Stakes Is High » de De La Soul.
« Think of One » de Robert Glasper résume l’année 2011. Reprise mixant le « Think Of One » de Thelonius Monk et Swahililand/Stakes Is High. Jazz, hip hop, Robert Glasper Experiment, tout y est. Ce fut une grosse claque à Montreux et Londres a méchamment confirmé. Après Prince, Robert Glasper.
« Think of One » en entier dans cet article.
« The Way That I Rhyme » du MC, beatmaker, producteur J-Live, sorti sur l’EP Undivided Attention en 2010. Tout est bon: les chœurs, le beat simple et efficace, les passe-passes en refrain et un flow posé sereinement. Ecoutez l’EP et l’album Said Person of That Ability (S.P.T.A.) sorti en 2011.
« At The Helm » des Hieroglyphics sur l’album 3rd Eye Vision (1998). Instru construite sur un méchant riff rock. Albums 3rd Eye Vision et Full Circle a écouter. From Oakland, California, leur voisin Raashan Ahmad les avait cité lors de l’interview enregistrée.
« Sunshine » de Mac & Wildelux provient de l’album The Masterplan. Découvert par hasard sur le net. Du hip hop west-coast qui passe crèèèème.
« Disillusioned » de Demon Fuzz, groupe de funk anglais des années 70. Resté ‘underground’, avec un album, AFREAKA!, le groupe mélange jazz free, soul psychédélique, acid rock et donne naissance à un style que l’on nommera funk progressif.
Bad girl de la scène soul, Millie Jackson sort Caught Up en 74, un album concept sur l’adultère et l’infidélité. L’album est un chef d’oeuvre, une pure merveille soul funk. La puissance d’Isaac Hayes et le chien d’une femme. Lien Spotify. Pour info, nous sommes seulement en 74 et le deuxième titre de l’album s’appelle « The Rap ».
« When I Come Home » de l’incontournable Sharon Jones & The Dap-Kings, sorti tout récemment sur la compilation Soul Time! est un des titres les plus funky de son répertoire. Caractéristique du style de Sharon Jones sur scène qui nous raconte des histoires à rallonge de la vie de tous les jours avec un backing band indémontable qui assure le groove. Conseil: allez digger le bootleg « Want Some More Funk » sur le net.
« Children Don’t Get Weary » (Booker T & The MG’s, 1969), trouvé sur la compilation Shaolin Soul 1 (il y en a 4, prenez les dans l’ordre).
Raphael Saadiq est un de ceux qui ne déçoivent pas. Après The Way I See It (2008), l’album Stone Rollin’ (2011) est une pépite soul qui dépoussière ce que l’on peut nommer le revival. La production est parfaite, les arrangements sont variés, écoutez donc l’album en entier (Spotify).
« Bonita Applebum », A Tribe Called Quest: une étape incoutournable pour tout beginner en hip hop. Groove chewing-gum huh?!
Tranquillement avec un titre que Vianney m’a fait découvrir, « 93 Til Infinity » des Souls of Mischief. Chill’…
« New Day » transforme Nina Simone en robot vocoder. Visionary? Peut-être. Un titre bien à propos vu que Jay-Z vient d’avoir un gamin. Je me demande si Beyonce était déjà enceinte quand il l’a écrit… on s’en fou? Ce titre est de la bombe for sure.
L’interview de Marcus Miller est certainement une des meilleures de BMM. Louis et moi l’avons enregistrée un matin au palace de Montreux, aidés par un photographe américain qui était venu au festival pour son projet de livre sur Miles Davis. On vous en reparlera peut-être. Si on a des news.
« All Matter » regroupe le Robert Glasper Experiment et Bilal, chanteur qui comme le dit Robert Glasper, pourrait chanter de l’opéra. Ce titre est en fait une reprise de « All Matter » présent sur l’album Airtight’s Revenge Le présent, et le futur de la musique, c’est eux! Merci à Bilal pour l’interview qu’il nous avait donnée à Montreux. Grand moment.
Découverte récente de Blu, producteur de Los Angeles qui a un style bien marqué. Ecoutez Her Favorite Colo(u)r (2010) et Open (2011).
On termine sur « Hat Trick » de Soulive, version live (Bowlive – Live At the Brooklyn Bowl, 2011) avec un solo dantesque de Eric Krasno suivi par le Royal Family Band. A chaque fois je conduis trop vite sur ce morceau.
And on and on on boucle la boucle sur Doug E. Fresh.
On vous souhaite un bon 2012, avec du son et du kiff.
Merci de suivre Black Milk et de votre soutien. Parlez en autour de vous, on pourra envoyer du fat en 2012.
Mother Funker saison 2 épisode 3, une touche de jazz-hop cette semaine. Jazz façon hiphop. Comme Robert Glasper par exemple (omis, relégué à une émission prochaine).
Ou comme The Hop, qui garde le beat bien sur l’arrière. Les influences sont marquées. Au niveau de la voix (Erykah Badu entre autres), au niveau du flow de rap, on pourrait entendre du Oxmo Puccino, les arrangements au vocoder rappellent le jeu de Casey Benjamin et le Robert Glasper Experiment. L’ajout des cuivres est peu commun sur « Le rap me porte ».
The Hop, un sursaut de bonne musique française, vivement qu’on ne les présente plus par leurs influences.
« My People » et « Soldier »: deux titres d’Erykah Badu, de l’album New Amerykah Part One. Erykah Badu, la redécouverte du moment. (un titre qui m’a fait péter un câble dans la prochaine émission: indice Hargrove, Dilla, Badu).
Ensuite deux beats de Jimmy Flamante, et poser son flow…
Deep dans la jazz-hop, BADBADNOTGOOD, un groupe de jeuns canadiens qui ont fait du bruit suite à leur collaboration avec Tyler The Creator et qui montent. On se passe un jam sur « Electric Relaxation » pour continuer sur le standard hiphop de A Tribe Called Quest.
Puis un jam sur « The World Is Yours ». Beat très hiphop, rhodes posés. Le jeu solo du piano est très bon (voire mieux?? pas encore sûr honnêtement).
On continue dans le hiphop et le rhodes avec Q-Tip.
« Life Is Better » (feat. Norah Jones), Robert Glasper au clavier. Le line-up parle de lui même, la musique aussi. Puis « Believe » (feat. D’Angelo), petit rhodes, le kick sur l’arrière, le groove minimaliste de la basse (Raphaël Saadiq), la cocotte de guitare, la voix, tout est parfait.
Ecoutez tout l’album The Renaissance de Q-Tip.
Quand on a dit à Bilal (ironiquement) qu’écouter du jazz est ennuyant, le chanteur nous a fait une sale grimace pour outrage à la musique. Ce qu’il nous ensuite répondu, c’est que le jazz, s’il n’est pas tout dans la musique, n’est pas pour autant une langue morte.
L’ère du jazz « choupidoowap », comme on l’entend, est bien révolue. La « manière d’approcher une mélodie » (je cite Bilal) et d’improviser dessus donne le jazz.
Il n’est plus un genre à part mais vit encore dans les nouvelles productions. « Il y a sûrement plus de jazz dans les prod électros actuelles que vous ne le pensez. Flying Lotus est le petit neveu de John Coltrane ! »
Le lien entre Bilal et le sujet du post est très direct : Bilal et Robert Glasper, pianiste de jazz, ont collaboré sur de nombreux projets et notamment le dernier album de R. Glasper, Double Booked. L’album se décompose en 2 parties comme son nom l’indique : une partie trio jazz avec Chris Dave à la batterie et Vicente Archer à la contrebasse et une deuxième partie où le line-up se compose du groupe appelé The Robert Glasper Experiment : Robert Glasper (piano, rhodes), Casey Benjamin (saxophone, vocodeur, synthétiseurs/effets), Derrick Hodge (basse) et Chris Dave (batterie).
Soundcheck, « On the drums Chris Dave… », le titre « No Worries » ouvre l’album. Le morceau prend forme autour d’une improvisation dont la vibration musicale est trop belle pour être vraie.
« Think Of One », dernier titre de la partie trio, est une reprise phénoménale du « Think Of One » de Thelonious Monk. On crie au génie en écoutant Robert Glasper mélanger Monk avec De La Soul « Stakes Is High », ou plutôt Ahmad Jamal « Swahililand », dans la finesse du swing et le laisser-aller du groove.
Think Of One
La partie « The Experiment » est soutenue par un beat plus hiphop mais conserve le jazz de la première partie. La musique prend définitivement une tournure expérimentale : Casey Benjamin produit des effets « futuristes » et complexes au vocodeur et donne des improvisations free au saxophone. « All Matter », composé par Bilal (titre présent sur son dernier album Airtight’s Revenge) est interprété dans une version jazz. On comprend mieux pourquoi il nous nous faisait noter l’importance de l’improvisation vocale dans sa musique.
All Matter
« Open Mind » clôt l’album. La recommandation finale de Glasper. Les styles et les sonorités hétérogènes s’accouplent harmonieusement dans un feu d’artifice célébrant la musique, la bonne, la vraie.
Open Mind
En mêlant jazz et hiphop sur un même album, Robert Glasper invite à se plonger un peu plus dans un style et une manière de jouer trop souvent méconnu ou estampillé musique d’ascenseur.