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30 juil

Jour #16 : jusqu’au dernier beat


16ème jour – last but not least

Comme si on en avait pas assez, et comme s’il était possible que ça se termine d’une autre manière, la dernière soirée s’annonce mémorable. Dans l’ordre, Cody Chesnutt, Larry Graham et Bootsy Collins sont prêts à mettre à mal le Miles Davis Hall. Après tout c’est ce qu’on voulait…

Déjà, ça se passe comme ça en général à Montreux, ce ne sont pas trois parties qui se succèdent mais 3 têtes d’affiches en une même soirée, qui sait ce qui peut se passer. Cody Chesnutt a été fairplay et a respecté le temps imparti aux premiers, un bon show bien funk-soul d’1h30 pour se mettre en jambe. Le set a été construit sur le nouvel album Landing on a Hundred, pas encore sorti à cette date. On a donc pu découvrir tout ça avec plaisir.
A partir de Larry Graham, on comprend que le Miles Davis Hall va se transformer en une zone de non-droit. Une salle où les organisateurs n’auront plus aucun pouvoir face à la vague de funk qui se prépare en backstage.

Larry Graham et le Central Station entrent en fanfare. Ils arrivent dans notre dos, tambours de fanfare et perçussions à la main, et montent sur scène sans s’arrêter de jouer. Le public est là pour lui, l’ambiance dans la salle s’en fait ressentir instantanément, ça jump par-ci par-là dès le premier morceau, c’est très bon signe ! Gros break, le slap claquant qui jaillit alors de la basse rutilante de Larry provoque des cris de jouissance du public. … AAAHHHH ! En plus le premier morceau ressemble beaucoup à du Prince.

L’énorme show qui va suivre comprendra un bain de foule,  un solo avec les dents, des kilomètres de scène parcourue en long en large et en travers, et minimum 4-5 malaises… Pas à un moment on se dit que le gars en face a 75 ans ballets et qu’ »il est un peu fatigué par l’âge mais qu’il joue bien quand même ». Le gars en face est une machine, il jump autant, voir plus que nous, perd des litres de sueur et en redemande !
Sur la fin du show, il joue I Want To Take You Higher, une de nos préférées, et invite le public à monter sur scène ! On est fou, on jump comme des oufs, on « chante » comme si le fond du Miles Davis devait nous entendre… bref… Larry sort de scène avec le public scandant « higher » en rythme, comme à Woodstock, comme sur tous les lives qu’on a matté des dizaines de fois et qui nous foutent les poils. Il reste un tambourin par terre, autant le prendre et reprendre le refrain au micro hein, tant qu’on est sur scène autant en profiter. La suite  au début de la vidéo 16 (la caméra est tombée par terre mais il reste le son). On descend de scène avec le peu de force qu’il nous reste.

Bootsy est le suivant sur la liste. Aucun de nous ne l’avait encore vu en concert, à part son live mythique Keepin Dah Funk Alive, on ne savait pas grand chose de lui sur scène. Normalement ça tue aussi, par rapport à Funkadelic et tout ce qui a suivi. Larry Graham remontera-t-il sur scène ? La suite non pas au jour 17 mais dans un quart d’heure à peine.

Les amplis basses s’entassent sur scène, il y en aurait 16 en tout pour faire sonner tout ça. Le concert commence, c’est l’hystérie dans la salle ! Le groove est plus lent et plus lourd que Larry Graham, le show est calibré, un MC chauffe, chauffe, chauffe la foule, Bootsy entre sur « The Name is Bootsy baby », c’est fat. Le live ressemble beaucoup à Keepin Dah Funk Alive, du coup tout le monde connaît, chante et jump. Le bain de foule de Bootsy est ultra-puissant, Bootsy va dans tous les coins et tout le monde jump !
OMG ! Larry Graham monte sur scène avec ses zichos et se met à diriger le boeuf au mic, ça jump dans tous les sens, il est 2h du mat’, tout le monde est surchaud, et dans ces cas là, plus c’est long, plus c’est bon. Le boeuf recommence sur le refrain « It’s official / Family approuved / One nation / Under a groove ! ». On va y rester c’est obligé.

A ce moment là, on est au premier rang et Louis tape la tchatch avec les choristes sur scène par des gestes qui n’ont pas vraiment de sens mais bon, c’est fun. Et là il va se passer le truc le plus fat des 2 dernières semaines. Bootsy croise notre regard et on lui fait signe pour monter sur scène. Le gars nous fait ok. On passe devant les staffs barrière, l’un essaye de nous retenir mais là on s’en fou, on monte sur scène tous les deux ! Incroyable, on monte, on hallucine, Bootsy nous check et nous prend sous ses épaules, on commence alors à chanter avec lui au micro. On savait plus trop quoi faire après quelques refrains, et lui non plus je pense, alors on lui demande si le reste du public peut monter. Louis passe devant et fait signe à la foule de monter sur scène… Là on devient complètement tarés, 500 personnes se ruent sur la scène et tentent de monter! La soirée déborde complètement. Tout le monde jump, on a peur que ça croule sous non pied tellement il y a de monde. Bootsy prendra environ 20 minutes pour sortir de scène dans un bain de foule dopé au p-funk. La musique s’arrête, mais le batteur en veut encore ! Il crie le refrain et tout le monde rechante ! Il reprend ses baguettes et conclu méchamment sur un dernier… beat.


Concert de Cody Chesnutt (presque en entier)

Début du concert de Larry Graham : We’ve been waiting/It ain’t no fun/It’s alright

Début du concert de Bootsy Collins : The name is bootsy baby…

Il est 3h du mat’, on n’entend plus rien, on comprend plus rien, on peut à peine marcher. Montreux s’achève ainsi.